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Je vie en
toi
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Si
je suis le premier (ère) à décéder.
Que
le deuil n`obscurcisse
pas
longtemps ton ciel.
Que
ton chagrin soit courageux mais discret.
Il
y a eu un changement
mais
pas un départ.
La
mort fait partie de la vie.
Et
les défunts ne cessent
de
vivre dans les vivants.
Toutes
les richesses cueillies
au
cours de notre voyage.
Les
moments de partage, les
mystères
explorés ensemble.
Les
strates d`intimité sans cesse accumulées.
Ce
qui nous a fait rire ou pleurer, ou chanter.
La
joie de la neige sous
le
soleil et l`éclosion du printemps.
Le
savoir…
Chacun
donnant et chacun recevant.
Autant
de fleurs qui ne flétrissent pas.
Pas
plus que les arbres ne
tombent
et ne s`écroulent.
Que
même les pierres…
Car
même les pierres, ne peuvent
résister
au vent et à la pluie.
Et
avec le temps, même
les
cimes de la montagne majestueuse.
Sont
réduites à du sable.
Ce
que nous étions, nous le sommes encore.
Ce
que nous avions, nous l`avons encore.
Tout
notre passé conjoint
demeure
impérissablement présent.
Alors,
quand tu marcheras dans les bois.
Comme
nous l`avons déjà fait ensemble.
Tu
chercheras en vain la tache de mon
ombre
à tes côtés.
Et
tu t`arrêteras au sommet de la colline.
Comme
nous l`avons toujours fait,
pour
contempler la plaine.
Et
tu remarqueras quelque chose,
tout
en cherchant.
Comme
d`habitude, ma main qui n`est plus là.
Et
si tu te sens envahie par le chagrin.
Ne
bouge pas, ferme les yeux,
écoute
mes pas dans ton cœur.
Je
n`ai pas quitté, je marche
tout
simplement dans ton cœur !
 
Je vie en toi
Martine
 
         
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Une lettre à ma femme
pour
tout lui expliquer
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Si
tu pars avant moi,
Promets-moi, par un signe,
De me dire où tu vas,
De me dire ce qu'il y a.
 
Si
tu restes toi-même
Et si tu me vois vivre,
Si je suis le premier,
Pour ne pas te faire peur,
Je viendrai me glisser,
Quand tu t'endormiras,
Au creux de ta chaleur,
Un frisson dans un rêve,
Tu sauras que c'est moi.
 
Une lettre à ma femme
Pour tout lui expliquer,
Pour lui dire que je l'aime
Autant qu'au premier jour,
Que je suis toujours là
Que je n'ai pas changé,
Sinon de la fatigue
Et quelques illusions
Qui se sont égarées...
 
Un frisson dans un rêve
Si je pars avant toi,
Un sourire sur tes lèvres
Tu sauras que c'est moi.
 
Une lettre à ma femme
Au hasard d'un voyage
Pour lui dire qu'il n'y a pas
D'histoire à pardonner,
Que je n'ai jamais vu
D'aussi jolis yeux qu'elle
Sinon, il y a longtemps,
Un visage et un nom
Qui se sont effacés.
 
Une lettre à ma femme
Pour lui dire en deux lignes
Que c'est la seule au monde
Qui m'ait vraiment aimé,
Qui a su tout comprendre
Avant même que j'y pense
Y compris mes silences
Et quelque illusions
Qui se sont envolées.
 
Un frisson dans un rêve,
Si je pars avant toi,
Un sourire sur tes lèvres,
Tu sauras que c'est moi.
 
   
  
 


 
  
    
 
Michel
Sardou
Mon cœur t’aime toujours
au ci fort 
Raymond
  
 
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